Inigolib – Topos de Sr Agata et Sr Claire

1Dans nos vies mêlées, la bénédiction (Sr Agata)

Dans nos vies mêlées,   dans un monde où le mal fait grand bruit,  comment percevoir, comment accueillir, comment offrir la bénédiction de Dieu ? Face à la question du mal

Nos vies sont parfois mêlées à l’Histoire, à la survenue du mal dans l’histoire, dans les événements. Il y a des situations où la question « Pourquoi le mal ? » nous taraude. Et où toutes les réponses conceptuelles restent insatisfaisantes. Dans ces situations, il y a deux réponses possibles, qui ne sont pas des réponses théoriques, mais deux attitudes :

  • Continuer à regarder le Christ qui est venu, sans faire de bruit, nous rejoindre là où « ça fait mal », qui est descendu au plus bas du bas de ce que l’homme peut faire à l’homme, pour marquer à jamais de sa présence les lieux d’où la bénédiction semble s’être absentée.

Cf. Elie WIESEL, La Nuit (récit de son internement à Auschwitz) : devant un adolescent qui a été pendu pour l’exemple, quelqu’un murmure  : « Où est Dieu ? ». Et une voix répond : « Le voici – Il est pendu ici, à cette potence ». On peut recevoir ce texte en athée, et comprendre que Dieu est mort, que Dieu est désormais absent de l’histoire humaine. On peut aussi lire ce texte en chrétien, et comprendre que Dieu est là, en cet adolescent, comme il a été pendu au bois de la Croix, à jamais présent à ceux qui souffrent violence. C’est la réponse de la foi même fragile, même traversé par le doute : la foi nous met en relation avec Dieu.

  • L’autre réponse, qui en découle, c’est la réponse de nos vies, de nos choix, de nos attitudes. Lorsque la bénédiction ne va pas de soi, lorsqu’il nous est difficile de sentir sur nos vies la bénédiction, alors il faut choisir : choisir de croire en la bénédiction, choisir de la chercher… et demander la grâce de l’accueillir. Et parfois, lorsqu’on ne la perçoit pas, choisir de l’offrir à d’autres ! C’est la réponse de nos vies, à travers laquelle Dieu peut continuer à offrir sa bénédiction au monde.

La figure d’Etty Hillesum

Une figure peut nous aider, par sa vie, à croire que cela est possible, et à le mettre en œuvre à notre mesure. C’est la figure d’Etty Hillesum (cf. Une Vie bouleversée, suivi de Lettres de Westerbork, Points Seuil, 1995). Etty Hillesum est une jeune femme juive, qui vit à Amsterdam pendant la 2ème Guerre Mondiale. Elle est ce qu’on peut appeler une jeune femme « libérée » : liberté intellectuelle, liberté politique, aventures… cette vie parfois « désordonnée » va être bouleversée par l’expérience d’une libération et d’une liberté spirituelle très profonde. Elle fait l’expérience de Dieu, de Dieu présent en elle, de Dieu présent à l’humanité souffrante. Elle se décrit comme « la jeune femme qui ne savait pas s’agenouiller », jeune femme qui devient celle qui porte la vocation d’ « aider Dieu », celle qui reçoit la grâce de la reconnaissance, de la gratitude, dans les situations les plus noires. Elle sait ce qui l’attend, ce qui attend les siens, elle sait l’œuvre de mort, d’extermination qui se poursuit en Europe. Elle demande à travailler au camp de transit de Westerbork. Elle affronte la réalité, sans résignation ni découragement ; elle éprouve la beauté et la bonté de la vie : « Je trouve la vie belle, digne d’être vécue et riche de sens. En dépit de tout. Que s’est-il passé pour Etty ?

  • Elle découvre la vie de Dieu présent en elle. Elle parle de la nécessité de ce qu’elle appelle le « recueillement », la nécessité de revenir à ce lieu de Dieu en elle, où elle se découvre « exempte de rancœur », « avec tant de force et d’amour en [elle] » (185). « Ma vie n’est qu’une perpétuelle écoute au-dedans de moi-même, des autres, de Dieu. Et quand je dis que j’écoute au-dedans, en réalité c’est plutôt Dieu en moi qui est à l’écoute. Ce qu’il y a de plus essentiel et de plus profond en moi écoute l’essence et la profondeur de l’autre. Dieu écoute Dieu. » (208)
  • Elle sait que cette présence de Dieu ne lui sera pas enlevée, et qu’elle peut vivre cela partout. Partout elle peut s’agenouiller ; et quand bien même elle ne le pourrait plus physiquement, elle le pourra toujours intérieurement. Elle peut « emporter » Dieu partout : « Ce qui compte c’est de t’emporter, intact et préservé, partout avec moi et de te rester fidèle envers et contre tout, comme je te l’ai toujours promis » (187). « Je te suis reconnaissante, mon Dieu, de me rendre la vie si belle, partout où je me trouve » (209). Son sentiment de gratitude s’enracine là : « Je te suis surtout reconnaissante de n’éprouver ni rancœur ni haine, mais de sentir en moi un grand acquiescement qui est bien autre chose que de la résignation, et une forme de compréhension de notre époque, si étrange que cela puisse paraître ! ». Et ce sentiment de gratitude mène au don, au don de soi. « Toi qui m’as tant enrichie, mon Dieu, permets-moi aussi de donner à mains pleines ; ma vie s’est muée en un dialogue ininterrompu avec toi, mon Dieu, un long dialogue. Quand je me tiens dans un coin du camp, les yeux levés vers ton ciel, j’ai parfois le visage inondé de larmes – unique exutoire de mn émotion intérieure et de ma gratitude. Le soir aussi, lorsque couchée dans mon lit je me recueille en toi, mon Dieu, des larmes de gratitude m’inondent parfois le visage, et c’est ma prière » (Lettres de Westerbork, 18 août 1943).
  • Elle sait que cette vie de Dieu est présente en chacun. Elle veut y être attentive, la mettre au jour, permettre à chacun de découvrir et goûter cette vie de Dieu en lui. « Si j’aime les êtres avec tant d’ardeur, c’est qu’en chacun d’eux j’aime une parcelle de toi, mon Dieu. Je te cherche partout dans les hommes et je trouve souvent une part de toi. Et j’essaie de te mettre au jour dans le cœur des autres, mon Dieu. » (200) 205 « Comme elle est grande la détresse intérieure de tes créatures terrestres, mon Dieu. Je te remercie d’avoir fait venir à moi tant de gens avec toute leur détresse (…) Il ne suffit pas de te prêcher, mon Dieu, pour te mettre au jour dans le cœur des autres. Il faut dégager chez l’autre la voie qui mène à toi, mon Dieu ». (208)
  • Elle voit là une façon de lutter contre le mal. Lutter contre le mal, c’est d’abord ne pas ajouter de la haine à la haine. À propos d’un membre de l’administration du camp, dominateur et rempli de haine, qui ferait « un parfait bourreau et un persécuteur modèle », elle affirme que « la haine ne nous mènera à rien ». Elle dit qu’elle ne le déteste pas mais qu’il lui fait pitié ; elle voit en lui l’enfant de trois ans insatisfait ; elle a appris qu’il a fait plusieurs tentatives de suicide. « A vrai dire, je ne crois pas du tout à cette prétendue méchanceté. J’aimerais toucher cet homme dans ses angoisses, en rechercher l’origine et entreprendre sur lui une sorte de battue, le rabattre vers ses propres domaines intérieurs – c’est tout ce que nous pouvons faire pour lui en un temps comme le nôtre. (…) Soyons bien convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu’il n’est déjà » (218).
  • Elle voit là une façon rupnikde soulager les souffrances, d’apporter comme une bénédiction à ceux et celles qu’elle rencontre. La dernière phrase de son journal : « On voudrait être un baume versé sur tant de plaies ». Le soin que nous prenons les uns des autres est comme une réponse au mal.

La bénédiction comme un baume.

La bénédiction de Dieu est comme un baume, comme une huile parfumée, que Dieu nous invite à recevoir et à offrir.

  • C’est ce que nous rappelle la parabole du bon samaritain. Le soin que nous prenons les uns des autres est une réponse au mal. Retour à la contemplation du Christ, à la manière dont il se fait proche de nous, de nos vies mêlées. Il est à la fois le samaritain qui ne se laisse pas arrêter par « l’impureté » du voyageur blessé. Il est à la fois l’homme blessé, descendant au plus bas de nos blessures. Il nous invite ainsi à nous laisser approcher par lui qui panse nos blessures. Et à nous approcher des souffrants en qui il est présent.
  • C’est ce que nous indique le Psaume 132 : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement. On dirait la rosée de l’Hermon qui descend sur les collines de Sion. C’est là que le Seigneur envoie la bénédiction, la vie pour toujours ». C’est la bénédiction de la fraternité. Osons devenir bénédiction les uns pour les autres !

Percevons, Accueillons, Offrons la bénédiction de Dieu sur nos vies mêlées !

Les paraboles de la semence : Un bon grain est semé (Sr Claire)

Un grain et des paraboles

Pour nous expliquer sa bonne nouvelle, Jésus utilise des images. Retenons celle-ci : une graine… On peut imaginer d’où elle vient, la puissance dont elle est porteuse et ce qu’elle peut produire et tout ce qui l’entoure, de la terre au jardinier, des semailles à la moisson… Au temps de Jésus cette image parlait aujourd’hui, pas besoin de vivre à la campagne pour qu’elle garde sa force évocatrice. Voilà un premier élément que Jésus a su utiliser pour bâtir ses fameuses paraboles… ces histoires racontées pour éclairer une question. Le sens de parabole : en grec : Para : à côté et bolè vient de balo : jeter, mettre = mettre à côté, mise en parallèle, comparer (Aristote parle d’exemple inventé)/ La parabole a cela de particulier qu’elle est simple, éternelle, évidente… et quand on la regarde de près elle est complexe, contingente, et ouverte à des sens multiples.  Ces histoires respectent la maturité humaine… si on repense à notre vision du monde quand nous étions petit, la vie semblait plus simple, on avait des idées assez claires sur les choses et plus on vieillit plus il faut mettre des nuances, affiner sa vision. Ecouter une parabole c’est aussi se donner l’occasion d’entrer dans une compréhension plus complexe de la bonne nouvelle que nous annonce Jésus-Christ.

Les paraboles qui utilisent l’image de la semence :

Nous avons 8 paraboles dans les Evangiles pour décliner l’image de la semence, du semeur, de la terre et de la récolte. 3 paraboles du semeur : Mc 4, 3-9 ; Mt 13, 31-32 ; Luc 8, 5-8. 3 graine de moutarde : Mc 4, 30-32 ; Mt 13, 31-32 ; Luc 13, 18-19
2 paraboles sur les grains sont uniques : Marc relate la parabole de la semence qui pousse toute seule (Marc 4, 26-29) et Matthieu lui relate la parabole de l’ivraie dans le champ (Mt 13, 24-30).

Marc 4, 26-29 : 26Et il disait : »Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté du grain en terre : 27qu’il dorme et qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. 28D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, puis plein de blé dans l’épi. 29 Et quand le fruit s’y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point. »

Mathieu 13, 24-30 : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?” Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?” Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.” »

Dans ces deux textes voyons, ce qui est commun. Toutes deux parlent du royaume de Dieu : ce lieu idéal pour louer Dieu. Mais, qu’est-ce que le royaume de Dieu ? Première compréhension : le royaume de Dieu est comparable à un homme qui jette une semence. Le temps passe, il dort et il se lève, le germe mûrit et porte du fruit et vient le temps de la moisson.

Qu’est-ce donc que le royaume de Dieu ?

Regardons les verbes d’action de plus près. Qui agit ? On constate qu’il n’y a pas que l’homme qui sème qui fait quelque chose. Notre comparaison apporte là des éléments qu’il faut pouvoir intégrer à l’image du royaume de Dieu. L’homme travaille puis dort, les semences et la terre poursuivent l’action. Le règne de Dieu est comparé à une récolte et met en contraste l’activité du semeur et une forme de retrait de celui-ci, il dort et il vit et sans qu’il ne semble en avoir la maîtrise, la semence produit et s’épanouie jusqu’à offrir la possibilité d’une belle récolte. Le paradoxe (parce que tout jardinier sait que semer sans prendre soin, ensuite, de son jardin est assez irresponsable) donc le paradoxe et le contraste qu’offre l’action du semeur auquel succède sa passivité peut offrir une occasion à Jésus d’expliquer le sens de sa présence dans le monde. En effet,  à l’époque de Jésus, les Zélotes l’accusaient  de ne pas agir pour les libérer du joug romain et amener la délivrance messianique. Pourquoi ne donnait-il pas le signal d’une libération imminente ? Et bien Jésus répond par cette affirmation pleine d’assurance et d’Espérance : Rien ne peut empêcher l’heure de Dieu d’arriver. Il a donné le départ définitif, le grain est semé : le commencement garantit l’achèvement. Tout doute sur sa mission, toute raillerie, tout manque de foi, toute impatience ne peuvent diminuer cette certitude : Dieu mène à son achèvement ce qu’il a commencé. Et nous pouvons compter sur lui. Cette première lecture est possible mais on peut aussi aller plus loin. Il y a des différences entre les deux paraboles… car si dans Matthieu, on peut supposer que le royaume des cieux, sous-tendu au temps de la moisson, reste à venir. En Marc, le temps de la moisson est arrivé et cela est au présent.  Les deux paraboles n’ont donc pas tout à fait le même sens et pourtant chacune essai de dire quelques chose du royaume de Dieu. Deux lectures différentes et pourtant complémentaires.

La parabole en Marc : Processus de croissance et de germination avec comme point culminant : le temps de la moisson est arrivé. Cette interprétation est  valable dans le cas de Marc. En Marc, le royaume de Dieu est donc présenté comme une réalité déjà présente. Là il y a une nouveauté apportée par Jésus. La venue de Jésus dans le monde, Jésus Christ, verbe de Dieu, … Avec Marc, le royaume de Dieu est présenté à la fois  comme un processus de  croissance avec des étapes et qui est tout entière tendue vers le temps de la maturité. Si on laisse l’écho de la parabole qui précède (le semeur généreux), le lieu où cette semence est semée et où elle est appelée à la maturité, c’est notre cœur. C’est donc en nous que ce royaume a toutes ses potentialités pour s’épanouir, porter du fruit jusqu’à la moisson. Pour cette raison, dans la parabole l’on voit que l’action change de camp. Le semeur a semé, la semence germe et grandit et enfin la terre elle-même produit tout ce qu’il faut. La semence peut-être la Parole, le verbe, le Christ. La terre peut être notre cœur, elle peut être le monde … et déjà, la moisson est abondante. « Priez donc le maître de la moisson, car la moisson est abondante mais les ouvriers peut nombreux » dira Jésus dans un autre texte.  C’est dès maintenant que nous  pouvons scruter nos cœurs et le monde tout entier, pour voir ces germes tout prêt à être cueillies, accueillies… et s’ils ne l’étaient pas ? Il y a un risque de les perdre, de gâcher ce don immense… tout obnubilé que nous serions, tétanisé à regarder en boucles les images de catastrophes qui s’étalent sur nos écrans. Un don immense de vie en abondance est fait au monde, soyons de ceux qui savent l’accueillir le cœur grand ouvert.

La parabole en Matthieu : Dans Matthieu, pour ce qui est de la récolte, il y a une suspension avec un verbe au futur : « je dirai »… Du fait de l’ivraie quelque chose du règne de Dieu est inachevé, en attente encore d’accomplissement. En effet, la singularité de cette parabole est l’introduction d’un ennemi, mais aussi des serviteurs/ sinon des amis, des alliés, confiants dans l’action du semeur qu’ils considèrent comme un maître « tu as semé du BON grain ». L’attention est portée sur le constat du mélange du bon grain et de l’ivraie et sur le conseil de la patience. Le récit est bâti pour bien mettre en évidence le fait que le semeur n’est absolument pas responsable de la présence de l’ivraie. Il a mis du bon grain et l’ivraie est semée la nuit par un ennemi. Ensuite, il faut noter la différence de description dans le processus de croissance entre le bon grain et l’ivraie : « la tige pousse » et produit l’épi,  de son côté, l’ivraie « apparut ». Ensuite à la question de savoir qui a fait cela, la réponse est sobre : « un » ennemi (l’auteur lui laisse un article indéfini). Il s’agit de ne pas lui donner plus d’importance qu’il n’en a. C’est que plutôt que de perdre son temps à porter son intérêt sur un ennemi qui n’en a aucun, il préfère ne prendre aucun risque pour ne pas abimer ce qu’il sait, lui, avoir semé de bon. Ce n’est pas qu’il ne voit pas l’ivraie, c’est qu’il est tout entier préoccupé par ce qui est bon, ce qui a de la valeur, ce qui est porteur de vie. Ce qui mérite son attention ! Ce semeur a sacrément confiance dans ces semailles, car il pourrait s’inquiéter qu’elles n’étouffent au contact de l’ivraie. Mais, non, il croit en elles « laissez-les ensemble »,  sous-entendu : le bon grain trouvera en lui la ressource pour grandir et s’épanouir et cela malgré le mal qui l’entoure. Et déjà, le maître pense à la moisson… il va falloir appeler du monde. Au moment de la moisson, il est pour habitude d’embaucher plus d’ouvriers. Et si l’on regarde la situation de grand mélange entre le bon grain et l’ivraie, on comprend qu’il va falloir beaucoup de monde, beaucoup de temps et de  patience pour démêlée les racines enchevêtrées les unes dans les autres, il va falloir du doigté, du discernement, y regarder de très près pour démêler tout cela. Mais, le semeur a confiance, au temps de la moisson, les greniers seront pleins. Jésus le sait, en chacun de ses disciples est semé le bon grain, dans le monde est semé le bon. Il sait que le mal essaiera d’étouffer cette semence par tous les moyens (en faisant beaucoup de bruit par exemple… il est parfois plus subtil, comme ici, il prend la forme du bien (car l’ivraie ressemble au bon grain). Si le bon grain peut être fragilisé par la présence du mal, avec de la patience, Jésus le croit plus que nous-même, rien ne pourra empêcher le bon grain de porter les fruits pour lesquels il est fait.

Topo du soir : Pour conclure ce parcours sur l’enseignement de Jésus sur la bonne semence et le royaume de Dieu :

3 convictions :

  • Rien ne peut arrêter le grain de pousser : que l’on dorme, que l’on soit découragé, que l’on est de la peine à croire, que l’on oubli toutes les bonnes choses vécues et partagées : le grain semé portera du fruit… en son temps.
  • Dès à présent, autour de nous, en nous, une moisson de bonnes choses est à cueillir, à vivre, à goûter, à partager… ne soyons pas obnubiler par ce qui va mal au risque de ne pas nous rendre présent à toutes ces choses bonnes qui nous sont offertes.
  • Le royaume de Dieu est un élan, une promesse, tendue entre un présent et un avenir  dans lequel nous avons à nous laisser entrainer, porter : Le royaume de Dieu est un élan de bonté donné avec largesse, un élan de bienveillance qui se répand de proche en proche, un élan d’ouverture ou chacun peut trouver sa place, un élan dans lequel nous sommes invités à entrer …  un élan comme une flèche lancée au loin, ne peut arrêter sa course. Cet élan nous met debout et nous entraine en sa course : ne lui résistons pas.

Une dernière image : Ne vous inquiétez pas que le grain prometteur soit si petit parfois, qu’il soit cerné par le mal, c’est ainsi  que le grain de sénevé qui était le plus petit de toutes les semences est devenu un arbre immense, un abri pour tous : de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches.  Et ne doutons pas que chacun puisse trouver en ces branches un appui et un réconfort.